Un article interessant

Voici un article de Paul Hermant datant de 2010 mais qui reste plus que d’actualité !

Om Shanti

Xavier

Article (RTBF.BE) :

-« Il existe bel et bien un gouvernement mondial. Il n’est pas élu, il n’est pas démocratique, mais il agit sur le monde, sur les élections et sur la démocratie. Ce gouvernement s’appelle les agences de notation.

Il a plusieurs noms et nous en connaissons certains : Moody’s, Fitch ou, et désormais beaucoup mieux, Standard and Poor’s.

Sa fonction, on commence à le savoir, est de mesurer les risques de non remboursement de dettes, par une entreprise comme par un Etat. Il utilise pour cela des pléiades de techniques, des norias de paramètres, il effectue des classements, il attribue des bulletins et note donc fort consciencieusement : du triple A -ce qui ne vaut tout de même pas le diplôme de l’andouillette authentique qui en compte cinq- au simple D, comme décédé, disparu, désagrégé.

Ce gouvernement, enfin, ces agences de notation, ne sont contrôlées par personne et l’on compte dans leur capital des gens ou des entreprises qui ont de l’intérêt dans les emprunts, si j’ose dire.

Des types qui sont au four et au moulin, comme le milliardaire Warren Buffet, par exemple qui, s’il critique mezzo voce ces agences qui n’ont pas vu venir les subprimes, reste tout de même le premier actionnaire de Moody’s. Pas vu venir les subprimes ? Pas vu non plus comme le rappelait mon collègue Philippe Walkowiak dans son édito de ce matin la chute de Lehman Brothers à qui, quelques jours avant sa faillite, Standard and Poor’s accordait encore un A ?

Tenez, lisez donc un ancien de Moody’s, un certain Mark Froeba, ancien directeur : « Quand j’ai rejoint Moody’s fin 1997, la pire crainte d’un analyste était de contribuer à l’attribution d’une note qui serait fausse et de causer des dégâts à la réputation d’exactitude de Moody’s et de perdre son travail en conséquence. Quand j’ai quitté Moody’s, en 2008, la pire crainte d’un analyste était qu’il fasse quelque chose qui lui permettrait d’être désigné comme responsable d’avoir mis en danger la part de marché de Moody’s, de causer du tort à son chiffre d’affaires ou de dégrader les relations de Moody’s avec ses clients et de perdre son travail en conséquence ».

Je vais vous dire, l’économie quand on l’explique ainsi, on la comprend tout de suite mieux.

Mark Froeba qui déposait, il y a quelques mois, devant la Commission d’enquête du Congrès américain sur la crise financière avait ajouté, en parlant de l’un de ses chefs : « Je l’ai entendu conjuguer le verbe ‘virer’ à des modes et à des temps dont la plupart des grammairiens ne connaissent pas l’existence ». Il est épatant, ce Mark Froeba, mais, comment dire, ça donne une impression … L’impression d’une entreprise de prophètes auto-réalisateurs, monomaniaques, psychorigides et dominateurs s’occupant des affaires du monde. Ça fait peur.

C’est aujourd’hui, le 15 décembre, que cette Commission d’enquête américaine devait remettre ses conclusions. Elles viennent d’être reportées en janvier.

C’est dommage. Ça aurait peut-être mis un peu d’huile sur le feu en Grèce où l’on a frappé et battu aujourd’hui un ministre, un ministre d’un gouvernement qui croit qu’il est toujours un gouvernement. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance. »

Paul Hermant

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