Car soyons honnêtes : « on nous prend vraiment pour des cons. »
Entre les scandales politico-financiers, les détournements maquillés en « erreurs » (sic), les enrichissements personnels qui ne mènent ni à des condamnations, ni à des remboursements, et les dernières révélations autour de l’AFSCA, il y a de quoi perdre confiance.
Lundi matin, j’écoute la radio. Le responsable de l’AFSCA évoque un contrôle ayant détecté du fipronil dans les œufs. Tout va bien, dit-il : les concentrations sont « inférieures aux normes européennes ».
Le lendemain, nouvelle annonce : les doses sont en réalité 12 fois supérieures à celles initialement communiquées, donc bien au-delà des normes.
Et dans l’après-midi, on apprend que ce contrôle n’a pas été initié par l’AFSCA, mais par le producteur lui-même, qui avait changé de laboratoire en espérant des résultats plus cléments. Résultat ? Un scandale.
Cette affaire illustre une fois de plus un problème bien plus profond : la domination du pouvoir de l’argent.
Les petits producteurs, étranglés par les investissements demandés par l’AFSCA et l’Europe, se retrouvent face à un choix cruel :
- Déposer le bilan et perdre un patrimoine parfois séculaire (fromage de Herve, produits artisanaux, etc.),
- Ou s’endetter pour se conformer à des normes conçues pour les grands industriels.
Les normes européennes, identiques pour tous, ignorent les réalités du terrain. Peut-on vraiment comparer une production artisanale à une production industrielle ? La réponse est évidente : non. Pourtant, les règles restent les mêmes.
Alors, à qui cela profite-t-il ?
On ne compte plus les pressions des lobbys agroalimentaires, qui incitent à la fusion des petites exploitations en coopératives, ou poussent à l’industrialisation. Pourquoi ? Pour mieux les contrôler et imposer des tarifs toujours plus bas pour les matières premières.
Et les conséquences ?
Des producteurs obligés d’accepter ces prix dérisoires, parfois ruinés, parfois acculés au désespoir. Le consommateur, lui, ne bénéficie pas de ces « économies » : les marges ne cessent d’augmenter, mais jamais au profit de la qualité.
Le modèle agroalimentaire actuel repose sur un seul leitmotiv : « produire plus, plus vite, et moins cher », quitte à sacrifier la santé publique, l’écologie et la qualité de nos aliments.
Alors, que faire ?
Nous avons un pouvoir, mais il demande de l’engagement :
- Politique : Rejoindre des mouvements, militer, voter de façon éclairée.
- Social : Participer à des associations, s’impliquer dans le bénévolat.
- Consommation : Devenir des « consommacteurs », en soutenant les circuits courts, le bio, et les petits producteurs.
- Communication : Sensibiliser autour de nous, partager nos idées, inciter à l’action.
Car rien ne changera si nous continuons à refaire le monde autour d’une bière ou d’un bon repas. C’est dans l’action, concrète et collective, que nous ferons bouger les choses.
Sinon, nous continuerons à accepter :
- De manger des produits de qualité médiocre,
- De renflouer les banques après leurs malversations risquées,
- De rémunérer des politiques pour des mandats fictifs ou inutiles,
- De financer une PAC (Politique Agricole Commune) qui paie les agriculteurs à ne rien produire, alors qu’ils demandent simplement un revenu décent.
Accepteriez-vous, vous, de travailler 15 heures par jour pour un salaire inférieur à celui d’un bénéficiaire du CPAS ?
Réagissons. Engageons-nous.
Si vous manquez d’idées pour agir, contactez-moi : je me ferai un plaisir de partager des pistes.
Belle Vie à Toutes et Tous,
Xavier
