Un Ami m’a Elee …

Un ami (ou devrais-je dire un « ami », vu le casse-tête qu’il m’a envoyé — je plaisante, bien sûr !) m’a partagé un extrait de De la nature de Parménide, ce philosophe grec antique. Ce texte est tout en énigmes, et cet ami me demande ce que j’en pense.

Voici le texte qu’il m’a transmis :

Il faut que la pensée et la parole soient l’être ; car l’être existe et le non-être n’est rien.

Que la coutume ne te précipite pas dans ce chemin vague où l’on consulte des yeux aveugles, des oreilles et une langue retentissante ; mais examine avec ta raison la démonstration savante que je te propose.

Il ne reste qu’un procédé ; c’est celui qui consiste à poser l’être.
Dans cette voie, bien des signes se présentent pour montrer que l’être est sans naissance et sans destruction ; qu’il est un tout d’une seule espèce, immobile et infini ; qu’il n’a ni passé ni futur, puisqu’il est maintenant tout entier à la fois, et sans discontinuité. Quelle origine, en effet, lui chercheras-tu ? D’où et comment le feras-tu croître ?

Je ne te laisserai ni dire ni penser qu’il vient du non-être ; car le non-être ne peut se dire ni se comprendre, et quelle nécessité, agissant après plutôt qu’avant, aurait poussé l’être à sortir du néant ?

Donc il faut admettre d’une manière absolue, ou l’être ou le non-être. Et jamais, de l’être, la raison ne pourra faire sortir autre chose que lui-même.

C’est pourquoi le destin ne lâche point ses liens de manière à permettre à l’être de naître ou de périr, mais le maintien immobile. La décision à ce sujet est toute entière dans ces mots : l’être ou le non-être…

Comment l’être viendrait-il à exister ? Et comment naîtrait-il ? S’il vient à naître, c’est qu’il n’est pas, et de même s’il doit exister un jour. Ainsi se détruisent et deviennent inadmissibles sa naissance et sa mort. »**

Il faut que la pensée et la parole soient l’être ; car l’être existe et le non-être n’est rien.

Que la coutume ne te précipite pas dans ce chemin vague où l’on consulte des yeux aveugles, des oreilles et une langue retentissante ; mais examine avec ta raison la démonstration savante que je te propose.

Il ne reste qu’un procédé ; c’est celui qui consiste à poser l’être.
Dans cette voie, bien des signes se présentent pour montrer que l’être est sans naissance et sans destruction ; qu’il est un tout d’une seule espèce, immobile et infini ; qu’il n’a ni passé ni futur, puisqu’il est maintenant tout entier à la fois, et sans discontinuité. Quelle origine, en effet, lui chercheras-tu ? D’où et comment le feras-tu croître ?

Je ne te laisserai ni dire ni penser qu’il vient du non-être ; car le non-être ne peut se dire ni se comprendre, et quelle nécessité, agissant après plutôt qu’avant, aurait poussé l’être à sortir du néant ?

Donc il faut admettre d’une manière absolue, ou l’être ou le non-être. Et jamais, de l’être, la raison ne pourra faire sortir autre chose que lui-même.

C’est pourquoi le destin ne lâche point ses liens de manière à permettre à l’être de naître ou de périr, mais le maintien immobile. La décision à ce sujet est toute entière dans ces mots : l’être ou le non-être…

Comment l’être viendrait-il à exister ? Et comment naîtrait-il ? S’il vient à naître, c’est qu’il n’est pas, et de même s’il doit exister un jour. Ainsi se détruisent et deviennent inadmissibles sa naissance et sa mort. »**

Voilà un texte dense et fascinant ! Parménide nous invite à réfléchir sur l’existence même et à dépasser nos perceptions habituelles.

Mon humble avis (et je vous invite à partager le vôtre, car toute réflexion, intuitive ou non, est valable !) :

Erratum : « L’être existe et le non-être n’est rien » ?

Si l’on part du postulat que « le non-être n’est rien », on tombe déjà dans une forme d’erreur. En suivant cette logique, l’antimatière, qui n’est pas de la matière, serait alors « rien ». Or, c’est faux, puisque l’antimatière agit bel et bien sur la matière (et inversement).

Même Platon suggère que l’être est « pénétré par le non-être ». Dans ce sens, le Big Bang lui-même pourrait être vu comme une sorte de dialogue entre être et non-être, où la « connexion » entre ces deux notions a produit une réalité.

De plus, si le non-être n’existait pas, comment expliquerait-on que l’antimatière n’ait pas complètement annihilé la matière ? Ce paradoxe reste un défi pour la science contemporaine.

Ma conclusion :
Le non-être n’est pas une absence totale. Il est la « face cachée » de l’être, l’invisible mais non l’inexistant. Il produit des effets, des causalités, et laisse des traces que nous pouvons percevoir ou mesurer.

Quelques notes personnelles :

  • Peut-être que je n’ai rien compris à la démonstration de Parménide (hypothèse que je suis prêt à envisager !).
  • J’apprécie la philosophie, mais je m’oppose à la « réfutation par l’absurde », qui étouffe tout débat. À mes yeux, cela tue la richesse même de la philosophie et du dialogue.

Enfin, ce passage me rappelle un sujet que j’ai abordé dans mon manuscrit Bonheur : un voyage personnel« . Je pense que la quête de vérité doit toujours rester ouverte, qu’elle s’appuie sur la raison ou sur l’intuition. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Belle Vie à Toutes et Tous, 

Xavier

** »Eh bien ! Je vais te parler, et toi, écoute mes paroles. On ne peut connaître le non-être, puisqu’il est impossible ; ni l’exprimer en paroles.
Car la pensée est la même chose que l’être. »

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